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Qu'est-ce que la Neuropédagogie et que peut-elle apporter ?

Dernière mise à jour : 20 juil. 2020



La Neuropédagogie est une discipline récente à la rencontre entre les neurosciences, la psychologie (éducation, cognitive) et la pédagogie.


En France, les termes les plus fréquemment utilisés sont ceux de "neuroéducation", "neuropédagogie" et de "neurosciences éducatives". Le rapport de l'OCDE (Comprendre le cerveau : naissance d’une science de l’apprentissage) qui a fait naître en 2007 cette nouvelle discipline l'intitule "neuroscience de l'éducation".


Malgré ces variantes, un objectif consensuel se dessine : faire évoluer les bonnes pratiques d'apprentissage et d'enseignement à travers les preuves scientifiques de la façon dont le cerveau apprend.


Elle vise principalement à renforcer l'efficacité de l'apprentissage et de l'enseignement via les grands principes issus des dernières découvertes en Neurosciences (notamment la plasticité cérébrale*), des sciences cognitives et de la pédagogie moderne.


Elle a pour objectif d’intégrer ces principes de manière concrète au travers d’outils et de méthodes directement applicables par les éducateurs, formateurs et enseignants et par les apprenants eux-mêmes.


*La Plasticité cérébrale : Une des découvertes les plus étonnantes des Neurosciences est la capacité d’adaptation du cerveau aux événements de la vie.

Au cours des apprentissages et des expériences, c’est la structure même du cerveau qui se modifie, avec la fabrication de nouvelles connexions entre les neurones.

On parle de « plasticité cérébrale » pour décrire cette capacité du cerveau à se façonner au gré de l’histoire vécue.

Rien n’est jamais figé dans nos neurones, quels que soient les âges de la vie.


La Neuropédagogie nous offre des principes permettant d'utiliser de façon ergonomique et optimale les capacités d'apprentissages du cerveau, desquels peuvent découler des méthodes et outils pratiques à transmettre aux apprenants.


Une idée nouvelle et puissante est d’enseigner aux apprenants comment leur cerveau fonctionne pour leur permettre de mieux comprendre ce qui détermine la formation des réseaux neuronaux. Quand les apprenants comprennent le fonctionnement de leur propre cerveau, ils peuvent alors prendre la responsabilité de leur apprentissage."

--> Extrait du livre "Neurolearning : Les neurosciences au service de la formation" 2016


Ainsi 5 Grands principes participent en synergie pour en quelque sorte maîtriser les ressorts de la plasticité cérébrale et permettre l'optimisation cognitive durant l'apprentissage.


Principe 1 : L'attention


Sans attention, pas d'apprentissage puisque elle désigne notre faculté de sélectionner des informations dans notre environnement et à les maintenir dans notre champ de conscience.


--> C'est le carburant de la plasticité cérébrale


La capacité de traitement de notre cerveau n'est pas infinie et ne permet pas de traiter toutes les innombrables et riches informations de notre monde qui nous parviennent à chaque seconde.


Notre attention est donc sélective. Tout l'enjeu réside dans le fait de permettre à l'apprenant de sélectionner de manière efficace les informations utiles à son apprentissage.


Il existe deux grands modes d'attention : le mode "focus" et le mode "diffus".


Le mode focus est indispensable pour être performant dans une tâche, c'est lui qui nous permet de concentrer notre attention sur un objet ou une information tout en inhibant les informations qui gravitent autour. Cependant son efficacité diminue au fur et à mesure qu'il est sollicité et finit par s'épuiser. Ce mode est très gourmand en énergie mentale.


Il est important de comprendre que ce mode a besoin de se reposer et de se restaurer. Ces temps de récupération sont aussi importants qu’ils peuvent l’être chez un sportif fournissant un effort physique intense. Ils seront d’autant plus fréquents que la tâche est complexe. Ces temps de récupération permettent d’activer le mode d’attention diffus.


Le mode "diffus" permet de lâcher prise et de laisser le cerveau à ses occupations sans aucun contrôle. Paradoxalement c’est dans ces moments de lâcher prise que votre attention se repose mais votre cerveau continue à travailler, et c’est dans ces moments-là que parfois nous avons comme une illumination.


Chacun a déjà expérimenté la situation ou l'on a oublié un prénom qui reste sur le bout de la langue...Au plus on cherche, au moins au trouve. Une fois abandonné la perspective de retrouver le prénom en question, 5min, 2h ou parfois encore plus tard, notre cerveau nous délivre la réponse de manière instantané alors que nous étions occupé à tout autre chose !


C’est au moment où nous ne pensons plus à un problème que tout à coup, eurêka, la solution jaillit toute seule comme par magie sous la douche ou lors d’un moment de repos.

Lorsque nous butons sur un problème et que nous l’abandonnons temporairement, le cerveau, lui continue de rechercher activement la solution.


Il est donc essentiel d'accorder des temps de repos et des pauses pour permettre l'activation du mode "diffus" et de recharger le mode "focus".

Principe 2 : Engagement Actif


Il signifie que pour qu'il y est apprentissage, l'apprenant en soit premièrement l'acteur et qu'il entreprenne un effort cognitif, une participation active.


--> C'est le précurseur de la création neuronale


"Un organisme passif n'apprend pas. L’apprentissage est optimal lorsque l’enfant alterne apprentissage et test répété de ses connaissances. Cela permet à l’enfant d’apprendre à savoir quand il ne sait pas" Stanislas Dehaene

La notion d'engagement implique que l'enfant soit motivé par l'apprentissage et qu'il suscite chez lui une curiosité, une envie qui va le pousser à passer à l'action. Cette envie est déclenchée quand l’activité lui plaît, qu’elle importe pour lui, qu’il y voit un intérêt personnel… et non pas parce qu’il y est contraint par un intervenant extérieur.

Cette motivation qui part de l'intérieur (intrinsèque) va l'amener à être acteur de son apprentissage et à être en posture "active"