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Pourquoi "ça ne passe pas" avec le professeur et les 7 clés de la relation prof/élève



Lorsque votre enfant vous dis : "le problème vient du professeur, je n'arrive pas à travailler dans son cours, ça ne passe pas avec lui/elle etc...".


La tendance commune serait de lui répondre : "On ne peut pas aimer tous les professeurs, c'est une question de feeling, ce n'est pas une excuse pour ne pas travailler et avoir de mauvais résultats etc..."


Ce que veut vous exprimer réellement votre enfant/ado est :


  • Qu'il ne se sent pas suffisamment soutenu et en confiance

  • Qu'il a peur du jugement et de faire des erreurs

  • Qu'il se sent trop passif et donc qu'il s'ennuie

  • Qu'il n'a pas suffisamment de feedback pour comprendre ses difficultés

  • Qu'il ne se sent pas suffisamment guidé pour surmonter ses difficultés

  • Qu'il a besoin d'une pédagogie adaptative, de plus de temps et de répétition pour comprendre


S'il est vrai que l'élève doit détenir la responsabilité de ses apprentissages, ces souffrances exprimées sont pourtant bien réelles et constituent des freins très impactant dans la réussite des élèves.


En effet les travaux réalisés en milieu scolaire révèlent que la qualité des relations "enseignants/élèves" a un impact majeur sur l'apprentissage.


La relation enseignant/enseigné = facteur déterminant de la réussite scolaire


John Hattie, chercheur à l'université de Melbourne en Australie, a réalisé un travail colossal sur une période de quinze ans, il a synthétisé plus de 50 000 études dans le domaine de l'éducation afin de déterminer les facteurs qui exercent la plus grande influence sur la réussite de l'élève.


Il a publié cette synthèse dans un livre (visible learning). En totalité, 250 millions d'élèves ont été concernés par ses recherches et depuis deux autres livres ont paru : "l'apprentissage visible pour les enseignants" et "visible learning and the science of how we learn". On ne parle donc pas d'une petite étude locale mais bien d'une synthèse globale et internationale dans le domaine de l'école.


La conclusion majeure de cette synthèse est que :


Le professeur est le principal facteur de changement et de progrès à l'école. Ce sont les convictions et l'attitude de celui-ci qui ont l'effet le plus déterminant sur l'apprentissage des élèves.


Il ressort de cette gigantesque étude, 7 facteurs clés qui favorise la réussite scolaire au travers de la relation professeur/élève.


Les 7 éléments clés de l'attitude du professeur sont :


1. Une relation de qualité et un climat de confiance :


Une attitude bienveillante qui nourrit la relation professeur/élève favorise le sentiment de sécurité et de confiance dans la classe ainsi que le sentiment d'efficacité personnelle chez les élèves = facteurs clés de la réussite scolaire.


Cela implique que :


  • L'enseignant évite les jugements et ne laisse pas les élèves se juger entre eux

  • L'erreur est la bienvenue et n'est pas stigmatisée

  • Il célèbre l'apprentissage et la prise de risques

Rappelons que l'activité neuronale et par conséquent l'apprentissage augmente en présence d'émotions positives et à l'inverse elle ralentie en présence d'émotions négatives ou de stress élevé. ( cf Neurosciences)


Susciter un climat de confiance revient à optimiser la neuroplasticité et favorise les nouveaux apprentissages (Kegan, 2000)


2. Le professeur échange avec l'élève et fait preuve d'empathie :


Les chercheurs en Neurosciences affectives et sociales nous montrent que le cerveau de l'enfant a besoin de relations empathiques, soutenantes pour se développer de façon optimale. A contrario des relations dévalorisantes et humiliantes entravent le développement de son cerveau.


Joan Luby, professeure de psychiatrie à l'université de Washington travaille sur les effets du soutien sur le cerveau des enfants et adolescents. Elle définit la personne soutenante comme suit :


"Elle porte un regard positif sur l'enfant, est consciente de son développement émotionnel et lui apporte un bien être émotionnel. Elle est capable de favoriser son autonomie, de le soutenir et de valider ses démarches quand il cherche des solutions pour résoudre ses difficultés."

Les études montrent également que les échanges/débats entre enseignants/élèves dans un climat de confiance et de respect sont beaucoup plus efficace qu'un cours magistral au tableau


3. Il place l'élève dans une posture active :


En lui confiant des défis réalisables, en l'incitant à questionner, à s'évaluer, en l'écoutant, en lui donnant des "retours" sur ses compétences, en l'exerçant à résumer, synthétiser, en l'incitant à transmettre lui-même ce qu'il a compris (cf article Neuropédagogie)


4. Le professeur se met à la place de l'élève et lui donne des retours sur ses compétences


La motivation et la réussite de l'élève sont directement liées à la perception de ses propres capacités. John Hattie souligne l'importance du feedback qui est une pièce maîtresse de l'enseignement. (voir prochain article sur l'art du feedback)


L'élève en difficulté ne sait pas toujours ce qu'il ne comprend pas :


"Quand on sait que l'on ne sait pas, on peut apprendre" nous dit John Hattie.

C'est ici que le rôle du professeur est déterminant car il doit identifier où se situent les difficultés de l'élève et lui en faire part. En effet lorsque élève obtient une conscience claire de ce qu'il sait ou ne sait pas, de l'objectif à atteindre et qu'il se sent accompagné et soutenu pour atteindre cet objectif, il devient plus concentré, motivé et persévère dans la difficulté.


5. Il valorise l'erreur et la prise de risques


L'erreur fait souvent peur chez les élèves car elle est sanctionnée dans l'enseignement. Les neurosciences nous montrent pourtant que les erreurs sont des indices d'apprentissage nécessaires.


En effet puisque le cerveau fonctionne par prédictions et que tout apprentissage nécessite un feedback externe (l'erreur) pour opérer un ajustement des prédictions initiales.


En expliquant à l'élève qu'elle fait partie du processus d'apprentissage et en la laissant apparaître, elle devient donc un outil puissant pour surmonter les obstacles et progresser.


Transposé dans la vie , il est essentiel que chaque enfant comprenne qu'il n'y a pas d'échecs mais il n'y a que des résultats. Et que ces résultats sont autant de feedbacks précieux pour nous améliorer, ajuster nos choix, prendre de meilleures décisions, gagner en expérience ,et que ce sont justement tout ces ajustements qui nous mène vers notre propre réussite personnelle.


6. Il encourage l'élève et a pour lui une considération positive inconditionnelle


Cette qualité se traduit par un souci que le facilitateur éprouve pour tous ses élèves. Il s’agit de faire en sorte que chaque élève se sente important, capable de faire des choses par lui-même, qu’il a le droit d’avoir ses propres sentiments et besoins sans aucun jugements.


"L'encouragement est à l'enfant ce que l'eau est à la plante" Rudolf Dreikurs

Catherine Gueguen, chercheuse en Neurosciences affectives et sociales et auteure de "heureux à l'école" explique qu'un des buts majeurs de l'accompagnement des enfants et des adolescents est qu'ils développent une confiance en eux et que cette confiance ne soit plus dépendante du jugements des autres, qu'elle devienne donc intrinsèque. Elle précise :


"C'est à dire qu'ils puissent acquérir progressivement une profonde connaissance d'eux-mêmes, être conscients de leurs failles, de leurs capacités, qu'ils sachent accueillir comme normaux les erreurs et échecs, qu'ils expérimentent, se découragent et repartent."

C'est donc de soutien, d'encouragements et d'une aide pour se connaître que l'enfant et l'adolescent ont besoin.


Il faut cependant distinguer deux types d'encouragements qui n'ont pas du temps le même impact :


1°) Encouragement évaluatif : qui porte sur le caractère, la personnalité, le physique etc...


Un compliment comme "bon élève" ou "Elève doué, intelligent" n'aidera pas l'élève et pourra même le desservir en entraînant chez lui la croyance que ces capacités sont immuables et donc qu'il n'a pas besoin de travailler pour réussir.


Il aura tendance par la suite à reculer devant la difficulté pour éviter les erreurs et échecs afin de préserver son statut d'élève "intelligent". La chercheuse en Psychologie de la réussite a nommé cette façon de penser : "l'état d'esprit fixe" (voir notre EBOOK gratuit : "la clé pour motiver son enfant".)


2°) Encouragement descriptif : qui porte sur le travail, les efforts, les réalisations de l'enfant.


L'idée est que l'enfant puisse évaluer lui-même ses résultats au regard des efforts et du travail qu'il a fourni et comprendre qu'il peut toujours progresser, que ses qualités et capacités peuvent se développer, que rien n'est figé = permettre à l'enfant de développer un "état d'esprit de croissance" (voir notre EBOOK gratuit : "la clé pour motiver son enfant".)


Encourager les efforts favorise la motivation, car ils se disent alors que leurs capacités sont malléables, ils attribuent leur succès au fait de travailler dur, d'avoir des stratégies pour progresser, ils se réjouissent des défis, se mettent à croire en leur potentiel et cela se traduit inévitablement par des progrès.


Catherine Gueguen nous donne un exemple de comment un professeur pourrait encourager l'effort :


"Je vois que tu as beaucoup travaillé sur ce sujet, tu as fais des recherches, tu as lu, tu as réfléchi, tu t'es posé des questions, c'est comme cela qu'on progresse, bravo continue ! "


7. Le professeur varie sa pédagogie et s'adapte aux difficultés de l'élève


Les neurosciences nous montrent qu'un contenu doit être réactivé à plusieurs reprises avant d'être intégré en mémoire à long terme.

Le professeur efficace nous dit John Hattie est donc celui qui réactive à plusieurs reprises les contenus, dans une activation répétée mais non répétitive :


"Quand un élève ne comprend pas, il n'a pas besoin de plus mais il a besoin de différent".

C'est à dire que la forme de la réactivation varie pour mobiliser les différentes modalités sensorielles : auditif,visuel, kinésthésique et stimuler l'affectif en donnant vie à des concepts abstraits par le biais d'histoires par exemple.



Donc lorsque votre enfant vous dis : "le problème vient du professeur, je n'arrive pas à travailler dans son cours, ça ne passe pas avec lui/elle etc..."


Il vous dit en réalité :


  • Qu'il ne se sent pas suffisamment soutenu et en confiance

  • Qu'il a peur du jugement et de faire des erreurs

  • Qu'il se sent trop passif et donc qu'il s'ennuie

  • Qu'il n'a pas suffisamment de feedback pour comprendre ses difficultés

  • Qu'il ne se sent pas suffisamment guidé pour surmonter ses difficultés

  • Qu'il a besoin d'une pédagogie adaptative, de plus de temps et de répétition pour comprendre


A cela s'ajoute la grande sensibilité des élèves qui ressentent ou non la passion du professeur pour la transmission de sa matière et qui vont par modélisation et empathie agir par mimétisme et fonction des émotions ressenties : le fameux "goût d'apprendre".


Ces recherchent nous alertent sur les enjeux de notre rôle éducatif.


Les professeurs aujourd'hui font de leur mieux avec les moyens en leurs possession, la formation qu'ils ont reçu et les effectifs de leurs classes.



--> Il apparaît donc crucial et urgent de :


Former les professeurs en profondeur sur ces connaissances


Offrir aux élèves les qualités d'attitudes nécessaires pour leur prise de confiance en leurs capacités, le développement de leur compétences socio-émotionnelles pour faciliter leurs apprentissages



L' Atelier Eurêka se donne pour mission de :


- Proposer des formations et interventions pour les professeurs sur les grands principes de la Neuropédagogie et notamment sur les facteurs clés essentielles dans la relation enseignant/élève.


- Offrir un cadre d'apprentissage bienveillant et un soutien aux élèves dans leurs difficultés avec des intervenants formés.




Pédagogiquement,


Gauthier Olivier





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