Rechercher

Le facteur clé de la réussite et l'erreur à ne pas commettre avec ses enfants




“ Tous les enfants ont du génie, le tout c’est de le faire apparaître” — CHARLIE CHAPLIN



Nous voulons tous le bonheur et la réussite de nos enfants.


La difficulté est que malgré tout l’amour et la bienveillance que nous leur portons : nous ne pouvons l’atteindre à leur place, puisque la réussite est un concept relatif qui dépend des propres termes de chacun.


À votre avis qu’est ce qui détermine si un enfant connaîtra le succès ou non ?


C’est la question qu’étudie depuis les années 1970, Carol Dwek, Professeur à l’université de Standford, qui est une des chercheuses les plus reconnues dans le domaine de la personnalité, de la psychologie sociale et de la psychologie du développement.


Et ses découvertes sont fascinantes !


Cette idée est tellement puissante que votre vision de l’éducation et de vous-même risque de changer rien qu’à la lecture de cet article !


Etat d'esprit Fixe VS Croissance


Carol Dweck, étudie plus particulièrement comment les états d’esprit influencent la vie des enfants et futurs adultes.


Dans son livre “Osez réussir ! Changez d’état d’esprit”, Carol Dweck nous explique qu’il existe deux d’états d’esprit :

  • Ceux qui ont un état d’esprit de croissance (appelé “growth mindset” en anglais)

  • Ceux qui ont un état d’esprit fixe (fixed mindset).

L’un ou l’autre de ces états d’esprit imprègne chaque composante de la vie d’un individu.


Une bonne partie de ce que nous pensons être notre personnalité ou celle de nos enfants se développe en réalité à partir de ces deux états d’esprits, et détermine la réalisation de notre potentiel ou non.


D’après les travaux de la psychologue, ceux qui adoptent un état d’esprit de croissance sont plus heureux et ont plus de succès dans leur vie que ceux qui adoptent l’état d’esprit fixe.


A l'origine de l'état d'esprit : la croyance


Carol Dwek nous en explique la raison :


« La croyance dans le fait que vos qualités sont gravées dans la pierre (l’état d’esprit fixe) crée un besoin impérieux de faire ses preuves encore et toujours. »

Leur dicton est : « Qui ne risque rien, ne perd rien » ou « Ne pas réussir signifie que je n’en suis pas capable »


L’attitude et les comportements vont dans le sens de l’évitement et de l’abandon.


L’estime de soi est fragile et dépréciante.


A l’inverse l’état d’esprit de croissance est « basé sur la croyance que vos qualités fondamentales sont des choses que vous pouvez cultiver par vos efforts. »


Leur dicton est : « Qui ne risque rien n’a rien » ou encore « l’échec est le fondement de la réussite »


L’attitude et les comportements vont dans le sens de la persévérance et de la résilience.

L’estime de soi est stable et croissante.


« Quand vous adoptez un état d’esprit, vous entrez dans un nouveau monde.


Dans un monde la réussite consiste à prouver que vous êtes intelligent ou doué. A valider ce que vous êtes. L’effort est une mauvaise chose car il suppose que si vous étiez intelligent ou doué vous n’en auriez pas besoin.
Dans l’autre, le monde des qualités changeantes, il est question de se déployer pour apprendre quelque chose de nouveau, de se développer. L’effort est ce qui vous rend intelligent ou doué. » Carol Dwek


“La cause du succès ou de l’échec relève beaucoup plus d’une attitude mentale que d’une capacité mentale.


— SAMUEL BECKETT



La signification de l'échec


De l’état d’esprit découle la relation à l’échec et l’atteinte du succès.


Ces recherches sur les états d’esprit mettent en avant le paradoxe suivant : le plus grand frein à la réussite est l’absence d’échec.


Avec l’état d’esprit fixe on évite les challenges car ils représentent une source d’échec, et donc une menace potentielle pour notre identité.


Lorsqu’une personne pense que ses défauts sont figés et inchangeables, un échec ne fait qu’exposer au grand jour à quel point elle manque de compétence ou de potentiel, qu’elle est un échec


Comment cette personne réagit à l’échec ?


Carol Dwek a réalisé sur ce point une étude sur des élèves de l’enseignement secondaire.

Par le biais d’un test elle détermine tout d’abord si les étudiants ont un état d’esprit à dominante fixe ou croissant.

Ensuite elle leur demande quelles sont leurs réactions à la suite d’une mauvaise note après un examen.


Ceux avec l’état d’esprit de croissance ont indiqués qu’ils étudieraient davantage pour le prochain test alors que ceux avec l’état d’esprit fixe ont indiqué qu’ils étudieraient moins la fois suivante et envisagez le fait de tricher.


Si à la suite d’un échec, vous êtes convaincus que vous n’êtes pas en mesure de réussir, pourquoi perdre votre temps ? Vous n’avez plus qu’à trouver une autre façon d’y arriver…


Quand on adopte un état d’esprit fixe, l’objectif est donc d’effectuer un maximum de tâches où nous sommes sûrs de réussir pour montrer à tout le monde nos qualités, se sentir valorisé et préserver notre estime.


En revanche, avec un état d’esprit de croissance, on se concentre justement sur les tâches difficiles car ce sont elles qui nous font le plus grandir et progresser.


Quand on adopte cet état d’esprit, l’objectif n’est pas de prouver que nous sommes talentueux, mais de tout faire pour le devenir…

“Je ne perds jamais. Soit je gagne, soit j’apprends”

— NELSON MANDELA


Derrière chaque échec se cache un cadeau, une leçon à tirer.

Plus vous échouez, plus vous apprenez.

Plus vous apprenez, plus vous avez de chance de réussir.

“Dans l’état d’esprit de croissance, l’échec peut être une expérience douloureuse. Mais il ne vous définit pas. C’est un problème à affronter, à résoudre, et duquel on peut apprendre” - Carol Dweck

Mais qu’est-ce qui déclenche l’adoption de l’un ou l’autre état d’esprit ?


L'impuissance apprise


Une des raisons évoquées par Carol Dweck est que nous avons tous des déclencheurs d’état d’esprit fixe.


Cela peut être une expérience d’échec sur une tâche spécifique, une critique particulière que nous avons reçu d’un professeur ou même d’un parent, une comparaison avec certaines personnes.


C’est ce que l’on appel en Psychologie : l’impuissance apprise.


Le fait de vous coller une étiquette négative durant votre enfance à propos de vos capacités entraîne des pensées dévalorisantes et distractrices qui engendre une croyance limitante venant confirmer l’étiquette.


Après avoir interrogé de nombreux parents, Carol Dwek fait le constat que 80% d’entre eux pense qu’il est nécessaire de vanter la capacité des enfants afin de stimuler leur confiance et leur réussite.


C’est le fameux : « Tu n’exploites pas assez tes capacités, je suis sûr que tu as beaucoup de potentiel ».

Cette phrase paraît anodine et pourtant…

C’est justement l’erreur à ne pas commettre…


Aucun parent ne souhaite faire du tort à ses enfants, saper leurs efforts, fragiliser leur motivation et limiter leur réussite. Au contraire de nombreux parents feraient n’importe quoi pour que leurs enfants réussissent.


Si l’intention est toujours juste, la manière de s’y prendre peut avoir un effet boomerang et contraire au but recherché.


L'impact des étiquettes


En réalité aussi surprenant que cela peut paraître :


Les étiquettes positives tout autant que les étiquettes négatives entraînent un état d’esprit fixe et peuvent ainsi nuire à la réussite de l’enfant.


Le fait de vanter les capacités d’un enfant ne le focaliserait-il pas encore davantage sur lui-même ?


L’éloge des capacités d’un enfant entraîne une focalisation chez lui portée sur sa valeur plutôt que ses efforts.


Carol Dwek a entrepris des études avec des centaines de jeunes adolescents qui démontre très clairement comment l’état d’esprit fixe s’installe.


Elle leur a fait passer un test de QI non verbal que la plupart ont plutôt bien réussis.

A la suite du test chaque élève a été félicité de deux manières différentes :


1°) Certains pour leur capacité : « Waw, tu as eu 8 bonnes réponses. C’est vraiment un bon score. Tu dois être bon là-dedans ».


2°) D’autres pour leur effort : « Waw, tu as eu 8 bonnes réponses. C’est vraiment un bon score. Tu dois avoir travaillé vraiment dur ».


Contrairement au 1er groupe, le second groupe n’ont pas eu l’impression qu’ils avaient un talent particulier ; ils étaient félicités pour avoir fait ce qu’il fallait pour réussir.


Vient maintenant le point clé de l’étude :


Après avoir été complimentés, d’autres tests leur ont été proposés et les deux groupes ont commencé à se distinguer :


Lorsque le choix leur été donné de choisir ou non une tâche plus difficile :


Le 1er groupe (complimenté sur ses capacités) rejetait le plus souvent celle-ci au profit d’une plus facile.


Alors que le second groupe (complimenté sur ses efforts) choisissait en grande majorité la tâche


Le 1er groupe a évité la difficulté pour éviter d’exposer ses faiblesses et remettre en question leur talent tandis que le second groupe y voyait l’opportunité d’apprendre et de s’améliorer.



Le 1er groupe reste dans sa zone de confort et s’y barricade alors que le second cherche à l’agrandir pour atteindre la zone d’apprentissage.

Plaisir d'apprendre, performances et émotions


Un autre fait intéressant est que le plaisir que prenaient les élèves à la suite des tests a également était mesuré.


A la suite des problèmes difficiles : « les élèves complimentés quant à leur capacité ont dit que ce n’était plus amusant alors que les élèves félicités pour leur effort ont déclaré que les problèmes difficiles étaient les plus amusant. »


Concernant l’évolution des performances : « celle des élèves félicités pour leur capacité a brusquement baissé, les élèves félicités pour leur effort, quant à eux, ont manifesté une performance sans cesse meilleure. »


Plus frappant encore : Après l’expérience, les élèves ont reçu chacun une feuille afin d’écrire leur sentiment à propos des problèmes pour les transmettre à d’autres écoles. Un espace était réservé afin qu’ils écrivent les points qu’ils avaient obtenus à ces problèmes.


Tenez-vous bien : 40% des élèves félicités pour leur capacité ont menti au sujet de leurs points ! C’est édifiant !


Cela s’explique par le fait que dans l’état d’esprit fixe, les imperfections sont honteuses et particulièrement si vous êtes considéré comme doué car elles mettent en puéril votre statut, elles ont donc été masquées par le mensonge.


Carol Dwek a conclu étonnée :


« Ainsi, dire à des enfants qu’ils sont intelligents a fini par les amener à se sentir plus bêtes et à agir plus stupidement, tout en prétendant qu’ils étaient plus intelligents. »


Ainsi les étiquettes négatives comme positives engendrent un état d’esprit fixe.

« Quand on vous colle une étiquette positive, vous avez peur de la perdre, et quand on vous colle une étiquette négative, vous avez peur de la mériter. »


Ceci étant dit, soyons clair, que l’on dise : « tu es intelligent » ou « tu es stupide », l’impact émotionnel ne sera évident pas le même.


Dans le 1er cas cela fera plaisir et pourra motiver l’enfant à court terme, cependant il sera affecté à long terme par l’état d’esprit engendré qui sera fixe dans les deux cas.


En résumé :


Si on me donne le statut de quelqu’un de doué, talentueux et plein de capacités, alors je dois défendre cette image et pour cela je fuis les difficultés.


Dans ce cas la difficulté est perçue comme le danger d’une remise en question des étiquettes positives attribuées à l’enfant.


Si on me félicite pour mon travail et mes efforts, en revanche je vais chercher à les poursuivre et même à rechercher le challenge.


Dans ce cas la difficulté est vu comme une opportunité d’approfondir les efforts car c’est grâce à eux que je réussis.


Or la réussite n’est jamais une ligne toute droite sans difficultés, et dépend plus de notre capacité à les surmonter qu’à les éviter.




“Le succès, c’est d’aller d’échec en échec sans perdre son enthousiasme”

— WINSTON CHURCHILL

--> Pour cultiver un état d'esprit de croissance chez votre enfant, consultez cet article qui constitue la suite logique orientée solutions.


Du fond du cœur,

Gauthier Olivier


458 vues0 commentaire