Rechercher

Ados --> Repli sur soi : Comment rétablir la CONNEXION ?


Bonjour à tous,


Suite à mon précèdent article dans lequel j’ai expliqué l’importance de se CONNECTER à nos adolescents pour comprendre leurs sentiments plutôt que d’être dans une logique de CORRECTION de leurs comportements.


(Si vous ne l’avez pas lu je vous invite à le faire dans premier temps avant de passer à celui-ci qui constitue une suite logique --> cliquez ici pour y accéder).


Il est légitime de se poser la question suivante :


Comment établir une connexion de qualité avec mon enfant ou mon adolescent ?


D’autant plus si l’adolescent est déjà dans une attitude de repli et qu’il communique peu voir pas du tout.


Comment établir une connexion avec son enfant si nous ne savons rien de ce qu’il ressent ?


La clé est relativement simple à comprendre, beaucoup plus difficile à appliquer.


Car il s’agit davantage de ne pas faire que de faire.


NB : Je précise que je ne prétends pas avoir toutes les réponses, et mon intention n’est pas d’être un donneur de leçons pour parents, mais simplement de délivrer ma vision, fruit de mon expertise et de mon expérience avec les adolescents. Dans le but d’apporter un éclairage à celles et ceux qui souhaitent élever leur niveau de conscience parentale et comprendre cette période complexe.


Avant tout, Il existe 2 obstacles majeurs à cette CONNEXION :


1°) Le besoin d’émancipation du modèle parental


2°) La projection des peurs parentales et leur impact sur le vécu émotionnel de l’ado


Ces deux obstacles se combinent et se renforcent mutuellement.


Le 1er obstacle est ce besoin de liberté et d’affirmation de soi qui passe par l'émancipation des parents.


Ce processus entraîne chez beaucoup de parents une peur car ils perdent le contrôle.


ils ne reconnaissent plus leur enfant qui évolue trop vite.


Le piège est de vouloir contrôler davantage pour maîtriser, saisir et inconsciemment vouloir ralentir ce processus.


Et c’est humain…voir son enfant grandir et affirmer sa personnalité, c’est réaliser qu’un jour notre bébé va partir et voler de ses propres ailes.


D’autres peurs surgissent alors :


- Ai-je fais ce qu’il faut ?

- Va-t-il y arriver ?

- Ne risque t’il pas de se brûler les ailes ?


Savez- vous quel est l’unique élément qui permet à un oisillon d’avoir le courage de sauter de son nid, et de prendre son 1er envol, sans jamais avoir appris à voler ?


Le réponse est :


La confiance inébranlable de sa mère en sa capacité à y parvenir.


La confiance dans leur capacité à se construire en tant qu’individu est la clé d’une connexion parent/enfant de qualité.


Ce niveau de confiance exige :


D’accepter de perdre le contrôle, de voir la personnalité de votre enfant changer, se réinventer.

Accepter de ne pas tout comprendre, et encouragez leurs tentatives et quêtes d’eux-mêmes même si cela vous fait peur.


(Je pense ici à la tête que mon père a fait lorsque je lui ai dis que j’allais me laisser pousser les cheveux et trouer mes jeans pour ressembler à Kurt Cobain ! Et j’en passe et des meilleurs…il est bon aussi de se reconnecter à cette période que nous avons tous vécu et aux sentiments qui nous ont traversés).


Accepter qu’ils aient besoin de davantage de liberté et d’espace.


Plus difficile encore : accepter qu’ils aient besoin de se différencier de vous, de vous remettre en question, de trouver d’autres modèles auxquels s’identifier et se référer.


Ils ont besoin de tout cela pour comprendre : ce qu'ils ressentent, ce qu’ils sont, ce qu’ils veulent devenir.


Malgré toute votre bonne volonté pour établir la connexion avec votre ado, si vous ne respectez pas ces besoins, en forçant le dialogue, en posant des questions qui empiètent trop sur leur espace intérieur, alors :


Vous les court-circuiter, cela leur coupe l'herbe sous le pied.


C'est un peu comme si avant même que vous ne preniez conscience de vos ressentis et émotions, un psychologue venait toquer chez vous pour vous demander ce que vous ressentez et si vous souhaitez en parler.


Comment réagiriez-vous ?


Voici la clé :


Votre porte doit toujours restée ouverte mais vous ne devez jamais forcer la leur. On ne peut pas forcer quelqu'un à exprimer ses émotions, et encore moins avec un adolescent.


Cela a pour conséquence de créer ou renforcer le repli, surtout lorsque ce sont les parents qui forcent la main.


Montrez-leur simplement que la porte est toujours ouverte s’ils en ont besoin, et qu’en la franchissant ils trouveront un espace ouvert de dialogue empreint de bienveillance et de confiance.


Montrez-leur que vous respectez leur monde intérieur et que vous leur faites confiance dans leur capacité à le gérer.


En théorie c’est facile, en pratique beaucoup moins…


Car cela demande de gérer les peurs parentales qui sont renforcées par cette période complexe et redoutée par tout parent qu’est l’adolescence.


2°) La projection des peurs parentales


Deux types de peurs apparaissent :


- Peur de l’intensité du vécu émotionnel de l’ado et du mal être que cela peut engendrer durant cette période et de son incapacité à le gérer.


- Peur du manque de communication, de la déconnexion, du repli sur soi.


Rappelons ici que 75% des filles et 57% des garçons de 13 à 18ans déclarent que dans les moments difficiles, ils préfèrent s’isoler ou se replier sur eux-mêmes plutôt que de chercher des soutiens extérieurs. (voir précèdent article)


Ces peurs sont donc légitimes quand on voit ces chiffres, ou quand on se souvient de certaines de nos souffrances d’adolescents ou encore d’histoires de conflits familiaux survenants durant cette période.


Le problème survient lorsque la peur du parent impact et interfère le monde intérieur de l’adolescent.


--> Ce sont justement la projection des peurs du parents sur son enfant qui créent les états même qu’ils redoutent.


La raison est que nous sommes des êtres émotionnels et fortement empathiques.

Et la puberté est une tempête dans le cerveau de nos ados.


Les neurosciences ont démontré l’extrême sensibilité émotionnel des adolescents car le siège des émotions (système limbique) est en plein développement. A l’inverse le cortex préfrontal, impliqué dans le jugement et le contrôle des impulsions n'arrive à maturité que plus tardivement.


C’est ce qui explique la grande difficulté des adolescents à maîtriser leurs émotions et ne pas se laisser déborder par elles.


Que se passe t’il alors lorsque la connexion avec les parents aboutit sans cesse par une projection des peurs ?


Et qu’ils ressentent de plein fouet la peur et les angoisses de leurs parents ?


--> Cela crée une tempête qui vient s’ajoutée aux vents violents qui viennent déjà perturber cette période.


L'adolescent finit par fuir la connexion pour se protéger émotionnellement.


Telle la tortue qui a un pouvoir d'action limité sur son environnement et qui se sent vulnérable, il n'a d'autres solutions pour se protéger que de s'enfermer dans sa carapace.


L’ado finit par fuir ou se forger une carapace de protection.


Cela ne fait donc que renforcer la répression de ces sentiments car papa et maman en ont peur et il est en première ligne pour la recevoir.


La question fondamentale est donc :


Comment gérer ses peurs afin d’éviter de les projeter sur son enfant et les lui transmettre ?


C’est l’objet du prochain article !


En attendant je vais résumer le processus en deux voies possibles d’action :


Le cercle vicieux de la PEUR = CONTRÔLE + CORRECTION


--> Au plus le parent se laisse guider par ses peurs, au plus il cherche à contrôler , réajuster et corriger l’ado, au plus l’ado se renferme pour se protéger, perd confiance en lui, réprime ses émotions etc…ce qui renforce la peur du parent.


Le cercle vertueux de l’AMOUR = CONFIANCE + CONNEXION


--> Au plus le parent respecte le besoin d’émancipation de l’ado et lui fait confiance dans sa capacité à se construire tout en gérant ses émotions et en évitant de projeter ses propres peurs, au plus l’ado apprivoise ses émotions, gagne confiance en lui et s’ouvre à ses parents. Ce qui renforce la confiance du parent envers l’ado.


Cela vous parait trop simpliste ?


C’est normal c’est toujours plus simple en théorie qu’en pratique.


Mais je vous garantis que si vous comprenez ce qui se joue, vous serez capable d’avoir un nouveau regard sur la situation et vous aurez ainsi le pouvoir de la transformer.


Posez-vous régulièrement cette question :


Mon comportement ou mon attitude est-elle une réaction face à des peurs ou est-elle motivée par l’amour ?


Bien souvent on croit agir par amour envers nos enfants alors qu’en réalité nos actions sont des réactions muent par la peur.


L’intention de base est toujours empreinte d’amour il n’y a aucun doute, mais l’action et la manière d’entrer en relation doit l’être aussi.


Lorsque vous faites preuve de confiance et agissez dans un but de connexion, c’est que vous êtes guidés par l’amour et avez appris à gérer vos peurs.


Si vous êtes dans le contrôle et la correction, il y a de fortes chances que vous êtes sous l’emprise de la peur.


Inutile de se culpabiliser, il faut simplement commencer par en prendre conscience.


Tout changement commence par un changement de niveau de conscience.


Et je suis intimement convaincu que pour « élever un enfant, il faut avant tout s’élever soi-même en tant que parent »


C’est pour cette raison que c’est à la fois l’aventure la plus challengeante et la plus belle qui soit.


A chaque seconde nos enfants nous donnent l’opportunité de nous remettre en question, de regarder à l’intérieur et d’affronter nos peurs, et ainsi d’évoluer et de grandir avec eux.


(cela fera l’objet d’un article plus poussé sur le sujet).


Le prochain article répondra à la question suivante :


Comment devenir un parent maître en gestion des émotions et ainsi pouvoir être un

modèle pour aider nos enfants et adolescents à faire de même ?


Du fond du cœur,


Gauthier Olivier


(Article rédigé sur la page facebook "Epitychia" le 27 Mars 2020 en période de confinement, il reste toujours d'actualité même si le confinement physique a cessé, il reste néanmoins un confinement "psychique" et des conséquences psychologiques liées à cette période)

16 vues0 commentaire